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G érard Delage :
Je ne sais si je fais une mauvaise action en
mettant côte-à-côte deux grands, très grands commentateurs de gastronomie, deux
grands chantres des plaisirs de la bonne table? Je ne peux résister à vous
rappeler certains commentaires de Roger CHAMPOUX qui écrivit pendant plusieurs
années de 1968 à 1981, des billets savoureux sur l’art du bien boire et du bien
manger dans La Presse.
En 1986, a paru aux Éditions La Presse, un recueil de quelques 230 chroniques de
monsieur Champoux. Je ne sais si le bouquin existe encore, mais si vous le
trouvez, hâtez-vous de vous le procurer, c’est savoureux!…
Or une des chroniques est intitulée «L’an 200 et ses voluptés tristes». Nous
sommes en l’an 2000 et les craintes du célèbre gastronome se sont quelque peu
réalisées. Il craignait, en effet que la cuisine fasse de plus en plus dans la
«facilité». Il
écrivait : «Je vous dirai qu’il existe trois sortes de savoir : le savoir
proprement dit, le savoir-faire et le savoir-vivre. Les deux derniers dépensent
généralement du premier», M. Champoux citait alors Talleyrand.
Plus loin, l’auteur écrit : «C’est à l’endroit de ses vices que l’homme est le
plus sincère, (en se référant à la gourmandise). Il ajoute: «De moins en moins
‘mortelle’… la gourmandise est un gentil petit vice gai, qui ne fait de mal à
personne, profite à tout le monde – de l’éleveur de bétail au garçon-serveur --,
stimule les bonnes relations et constitue un élément capital du savoir-vivre.»
Je ne vous incite pas à la gourmandise, mais si vous vous targuez de savoir
vivre… Bonne fin de semaine!
Jean-Gilles Jutras
Ambassadeur du vin au Québec
jgjutras@videotron.ca
Roger Champoux est aussi l'auteur du livre: L'Oeuvre
de chère, propos d'un gastronome,
Compagnie de publication de la Patrie, 1967
Y. Delage
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